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NOTRE DAME
DE FAUX-EN-FORET
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La commune de Vittoncourt compte quelques joyaux dans son patrimoine : la tourbière alcaline gérée par le Conservatoire des Sites Lorrains, et la ferme isolée de Faux, au-delà de la route d’Arriance. Le chemin qui longe un étang débouche dans une clairière aménagée au cœur de la vaste forêt domaniale de Rémilly. Le promeneur y découvre les bâtiments d’un corps de ferme inscrits sur les côtés d’une cour carrée. Mais le regard est attiré par une porte modeste surmontée d’un imposant tympan aux sculptures de pierre grignotées par le temps, où l’on peut distinguer cependant poisson, lézard, feuille de lotus, croix, ronces et 2 têtes humaines, témoins de l’art roman.
Derrière cette porte se trouve une chapelle, autrefois centre d’un prieuré appartenant aux Bénédictins de St Arnould de Metz. L’ espace rectangulaire actuel, bien éclairé par plusieurs ouvertures, est en fait la nef d’une grande chapelle romane dont le chœur et les 2 absides latérales furent transformés en logements vers l’an 1626.
L’origine exacte en est obscure mais apparaît pour la première fois dans un document de 1126, stipulant qu’un prieuré sera établi auprès de la chapelle Notre Dame de Faux dans la Forêt de Rémilly. L’évêque de Metz permit aux religieux d’y construire des édifices pour loger des moines, d’y établir jardins, moulin, étables, prés et terres labourables.
Un pèlerinage important se développa ensuite au cours des siècles, notamment pour les fêtes de la Vierge, surtout Annonciation et Nativité. Marchés et foires s’y tenaient, hôtelleries et abris y furent construits pour recevoir pèlerins et malades. Le culte connut des hauts et des bas avec les vicissitudes de l’Histoire mais un chroniqueur rapporte qu’après la Guerre de Trente Ans, on compta jusqu’à 3000 personnes à la Pentecôte 1643, où des fidèles venus de Pontoy, Bazoncourt ou Château-Salins furent guéris.
Au cours des périodes plus récentes, la fête de l’Annonciation marqua le temps fort des célébrations annuelles mais la chapelle n’est plus guère utilisée que pour des évènements familiaux. En raison des dégradations possibles, elle n’est plus ouverte au public. D’ailleurs, on ne peut plus y observer le retable en forme de triptyque datant des environs de 1500 et qui est encore mentionné dans la littérature récente, ni les grandes toiles anciennes représentant 2 abbés bénédictins.
Armand Bemer
Sillon d’Espérance N° 61 Juillet-Aout 2006
© 2006 Photos libres d’accès avec mention de la source
Remerciements aux propriétaire et résidents de Faux.
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